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Morceaux Choisis
L'Interview Virtuelle

Préambule
Les Evénements de 1991
La Danse du Scalp
Rumeurs en
Charente Maritime
Les Années 1978/1990
Les Caisses Rurales
Premières Années
Les Années de Création
Conclusion
La Marmite Magique

Notes sur les statuts du
Crédit Mutuel
L'histoire “Officielle”

   
 

 

La Danse du Scalp
Les Problèmes de la
caisse de La Rochelle
Les Indemnités des
Présidents du CMO
Monsieur Le Vice-Président
René Airaud
La Danse du Scalp
 

 

L'ARGENT SOLIDAIRE
des Caisses Rurales au
Crédit Mutuel Océan Vendée,
Deux Sèvres,
Charente Maritime

Par Alain Gérard,
Véronique Tesson
 

Centre Vendéen de
Recherches Historiques
14, rue Haxo
85000 La Roche sur Yon
 
ISBN 2-911253-08-6

 

 

La Danse du Scalp
ou les évènements de mai 1991 au Crédit Mutuel Océan
 


Les Indemnités des Présidents du CMO

Messieurs Joguet - administrateur fédéral depuis plus de 15 ans ! - et Arrivé connaissent parfaitement le système en vigueur quand ils sont élus Présidents en juin 1990. Pour les Administrateurs Fédéraux qui participent aux réunions le principe “d'une indemnité pour perte d'activité concernant aussi bien les actifs que les retraités” est adopté depuis 1975, confirmé à plusieurs reprises par le Conseil d'administration de la Fédération et notamment par celui tenu les 24 et 25 février 1989. Cette indemnité était de 270 FF par réunion 1989.

Cas particulier du Président : En février 1989 les administrateurs du groupe de travail feront la proposition suivante au Conseil d' Administration “que soient appliquées au Président les règles communes concernant les frais de déplacement et d'indemnisation pour une demi-journée, avec exclusion des réunions d'après-diner. Par contre, ils considèrent comme légitime d'attribuer au Président une indemnisation forfaitaire mensuelle supplémentaire qui pourrait actuellement être évaluée à 10 vacations jour environ, pour compenser les trop nombreuses obligations non comptabilisables par le système commun applicable aux administrateurs”.

En conséquence de cette décision l'indemnité versée aux Présidents de la Fédération et de la Caisse Fédérale va diminuer, passant de 8.000 FF par mois à 5.000 FF. Monsieur Ninin, Président de la Caisse Fédérale jusqu'en juin 1990 et Administrateur de la Confédération Nationale bénéficiait en plus d'une voiture de fonction car devant très souvent se rendre à Paris, il s'y rendait toujours en voiture.

Messieurs Arrivé et Joguet ont participé à ce Conseil de février 1989. Et si d'ailleurs le sujet a été mis à l'ordre du jour du Conseil de la Fédération c'est parce que, dès qu'il est devenu Président de la Caisse Agricole du CMO, Monsieur Arrivé s'était attribué une indemnité de 3.000 FF par mois sans autre formalité. Quant à Monsieur Joguet en 1978 il se plaignait déjà de la faiblesse des indemnités des administrateurs.

Néanmoins, dès leur élection ils ne cessent de parler de leurs indemnités. Des collaborateurs s'étonnent de leurs questions et me disent que les Présidents veulent un "salaire de cadre".
Je suis averti, le 22 mars 1991, par Monsieur Quarti Directeur Départemental pour la Charente Maritime, qu'un administrateur lui a confié que les Présidents vont percevoir une rémunération de 20.000 FF par mois. Effectivement des réunions se tiennent "en secret" animées par Monsieur Airaud Vice-Président de la Fédération.
Le 26 mars 1991 Michel Surin, Secrétaire Général, et moi, nous sommes invités à participer à une réunion avec les Présidents. On nous informe que les Conseils Fédéraux seront saisis de la proposition de verser aux deux Présidents une rémunération de 20.000 FF par mois plus l'attribution d'une voiture de fonction (plus remboursement des frais, plus voyages, plus plus !). Je fais part vigoureusement de mon désaccord.

Je ne peux que rappeler les règles bien précises qui encadrent ces problèmes d'indemnités : Le bénévolat est un grand principe de base de la mutualité et de la coopération, de plus les statuts, le règlement intérieur, les règles fiscales, le commissaire aux compte aussi, en principe du moins, etc, interdisent toute rémunération (cf. annexe 1).

Monsieur Joguet déclare que s'il n'a pas cette somme, il s'en ira! A partir de ce jour tout va changer, basculer très rapidement.

Une lettre anonyme écrite fin avril m'est adressée :“Mefiez vous Breheret rencontre en secret Arrivé et Joguet à Sodelem. Ils complotent contre vous”.

Le 3 mai, les Présidents m'invitent à une réunion pour discuter "de leurs indemnités...". Je formule les mêmes objections… Et on me parle beaucoup du "dossier qu'il faut magouiller" contre le directeur de la caisse de La Rochelle. Je ne comprends pas du tout, ce soir là, que le dossier "alibi" est en train de se monter contre moi…

Le 16 mai, au cours d'une réunion avec le personnel du siège, je suis interrogé sur "divers bruits" qui circulent dans l'entreprise et je dis très clairement que les Présidents veulent être rémunérés à hauteur de 20.000 FF par mois et bénéficier d'une voiture de fonction et que je ne veux pas rentrer dans cette "magouille".

Pour eux c'en est trop. Le Parler vrai leur est insupportable. J'ai brisé le silence. “Il a dit la vérité, Il doit être exécuté” ... comme dit la chanson.

Samedi 18 mai, une nouvelle réunion se tiendra, paraît-il, chez Monsieur Breheret. Le "Putsch" est mis au point, les Administrateurs Fédéraux convoqués par téléphone pour le mardi 21 mai à 15 Heures. Dès le dimanche 19, certains savent que la Direction Générale va tomber...

Le 21 mai, la réunion des Bureaux, maintenue pour la forme et avec la plus grande hypocrisie, est particulièrement pénible. Il y a ceux, peu nombreux, qui sont "dans le coup" et les autres. Ceux-ci n'obtiennent aucune réponse à leurs interrogations. Monsieur Airaud veille au grain... Il coupe court à toute discussion. Monsieur Arrivé, rouge de colère, crie “je ne serai pas un Président potiche”…(.sic), et martèle son bureau... Une "FOLLE" ambiance. A la fin du déjeuner, Monsieur Arrivé informe M. Le Berre, sans autre forme de procès, que les Conseils d'Administration sont convoqués pour 14h30 !

Le 21 au soir, Messieurs Arrivé et Joguet passent chez Monsieur Le Berre, le temps de s'asseoir et de repartir. “Vous êtes suspendu de vos fonctions” et ils s'en vont... C'est en lisant la presse - Ouest France et Presse Océan - du lendemain que administrateurs, salariés et sociétaires apprendront que “Le Directeur Général du Crédit Mutuel Océan est REMERCIE” : Je suis viré par voie de presse ... Conformément à leurs principes mutualistes... !

Dès qu'ils auront parachevé leur œuvre, ils se voteront leurs indemnités et avantages...

Sur l'insistance notamment de la CFDT et aussi pour éviter le triste déballage
que je vais devoir faire devant les tribunaux et la presse, Monsieur Pfimlin, Président de la Confédération, fera en sorte qu'un compromis soit signé afin d'arrêter la procédure prud'homale que j'ai déclenchée. Il nomme un médiateur.

Je signe avec les Présidents un compromis le vendredi 29 novembre 1991. Le Crédit Mutuel Océan me versera une indemnité de 3 millions de Francs. Comme par hasard, le lendemain les Présidents se font voter une rémunération de 15.000 FF NET par mois à compter du ... 1 janvier 1992, quant à la voiture de fonction chaque Président a la sienne depuis le mois de juillet 1991. Preuve, s'il en fallait, de l'objectif final de toutes ces manœuvres Avec l'argent des autres ... !

Emplois fictifs mais salaires réels !

Mais il n 'est pas possible de comprendre tout ceci sans autres informations
sur celui qui manifestement est incontournable : Monsieur René Airaud
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