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Les Indemnités des Présidents du CMO
Messieurs Joguet - administrateur fédéral
depuis plus de 15 ans ! - et Arrivé connaissent parfaitement
le système en vigueur quand ils sont élus Présidents
en juin 1990. Pour les Administrateurs Fédéraux qui
participent aux réunions le principe d'une indemnité
pour perte d'activité concernant aussi bien les actifs que
les retraités est adopté depuis 1975, confirmé
à plusieurs reprises par le Conseil d'administration de la
Fédération et notamment par celui tenu les 24 et 25
février 1989. Cette indemnité était de 270
FF par réunion 1989.
Cas particulier du Président : En février
1989 les administrateurs du groupe de travail feront la proposition
suivante au Conseil d' Administration que soient appliquées
au Président les règles communes concernant les frais
de déplacement et d'indemnisation pour une demi-journée,
avec exclusion des réunions d'après-diner. Par contre,
ils considèrent comme légitime d'attribuer au Président
une indemnisation forfaitaire mensuelle supplémentaire qui
pourrait actuellement être évaluée à
10 vacations jour environ, pour compenser les trop nombreuses obligations
non comptabilisables par le système commun applicable aux
administrateurs.
En conséquence de cette décision
l'indemnité versée aux Présidents de la Fédération
et de la Caisse Fédérale va diminuer, passant de 8.000
FF par mois à 5.000 FF. Monsieur Ninin, Président
de la Caisse Fédérale jusqu'en juin 1990 et Administrateur
de la Confédération Nationale bénéficiait
en plus d'une voiture de fonction car devant très souvent
se rendre à Paris, il s'y rendait toujours en voiture.
Messieurs Arrivé et Joguet ont participé
à ce Conseil de février 1989. Et si d'ailleurs le
sujet a été mis à l'ordre du jour du Conseil
de la Fédération c'est parce que, dès qu'il
est devenu Président de la Caisse Agricole du CMO, Monsieur
Arrivé s'était attribué une indemnité
de 3.000 FF par mois sans autre formalité. Quant à
Monsieur Joguet en 1978 il se plaignait déjà de la
faiblesse des indemnités des administrateurs.
Néanmoins, dès leur élection
ils ne cessent de parler de leurs indemnités. Des collaborateurs
s'étonnent de leurs questions et me disent que les Présidents
veulent un "salaire de cadre".
Je suis averti, le 22 mars 1991, par Monsieur Quarti Directeur Départemental
pour la Charente Maritime, qu'un administrateur lui a confié
que les Présidents vont percevoir une rémunération
de 20.000 FF par mois. Effectivement des réunions se tiennent
"en secret" animées par Monsieur Airaud Vice-Président
de la Fédération.
Le 26 mars 1991 Michel Surin, Secrétaire Général,
et moi, nous sommes invités à participer à
une réunion avec les Présidents. On nous informe que
les Conseils Fédéraux seront saisis de la proposition
de verser aux deux Présidents une rémunération
de 20.000 FF par mois plus l'attribution d'une voiture de fonction
(plus remboursement des frais, plus voyages, plus plus !). Je fais
part vigoureusement de mon désaccord.
Je ne peux que rappeler les règles bien
précises qui encadrent ces problèmes d'indemnités :
Le bénévolat est un grand principe de base de la mutualité
et de la coopération, de plus les statuts, le règlement
intérieur, les règles fiscales, le commissaire aux
compte aussi, en principe du moins, etc, interdisent toute rémunération
(cf. annexe 1).
Monsieur Joguet déclare que s'il n'a
pas cette somme, il s'en ira! A partir de ce jour tout va changer,
basculer très rapidement.
Une lettre anonyme écrite fin avril
m'est adressée :Mefiez vous Breheret rencontre en
secret Arrivé et Joguet à Sodelem. Ils complotent
contre vous.
Le 3 mai, les Présidents m'invitent à
une réunion pour discuter "de leurs indemnités...".
Je formule les mêmes objections
Et on me parle beaucoup
du "dossier qu'il faut magouiller" contre le directeur
de la caisse de La Rochelle. Je ne comprends pas du tout, ce soir
là, que le dossier "alibi" est en train de se monter
contre moi
Le 16 mai, au cours d'une réunion avec
le personnel du siège, je suis interrogé sur "divers
bruits" qui circulent dans l'entreprise et je dis très
clairement que les Présidents veulent être rémunérés
à hauteur de 20.000 FF par mois et bénéficier
d'une voiture de fonction et que je ne veux pas rentrer dans cette
"magouille".
Pour eux c'en est trop. Le Parler vrai leur
est insupportable. J'ai brisé le silence. Il a dit
la vérité, Il doit être exécuté
... comme dit la chanson.
Samedi 18 mai, une nouvelle réunion
se tiendra, paraît-il, chez Monsieur Breheret. Le "Putsch"
est mis au point, les Administrateurs Fédéraux convoqués
par téléphone pour le mardi 21 mai à 15 Heures.
Dès le dimanche 19, certains savent
que la Direction Générale va tomber...
Le 21 mai, la réunion des Bureaux, maintenue
pour la forme et avec la plus grande hypocrisie, est particulièrement
pénible. Il y a ceux, peu nombreux, qui sont "dans le
coup" et les autres. Ceux-ci n'obtiennent aucune réponse
à leurs interrogations. Monsieur Airaud veille au grain...
Il coupe court à toute discussion. Monsieur Arrivé,
rouge de colère, crie je ne serai pas un Président
potiche
(.sic), et martèle son bureau... Une
"FOLLE" ambiance. A la fin du déjeuner, Monsieur
Arrivé informe M. Le Berre, sans autre forme de procès,
que les Conseils d'Administration sont convoqués pour 14h30
!
Le 21 au soir, Messieurs Arrivé et Joguet
passent chez Monsieur Le Berre, le temps de s'asseoir et de repartir.
Vous êtes suspendu de vos fonctions et
ils s'en vont... C'est en lisant la presse - Ouest France et Presse
Océan - du lendemain que administrateurs, salariés
et sociétaires apprendront que Le Directeur Général
du Crédit Mutuel Océan est REMERCIE : Je
suis viré par voie de presse ... Conformément à
leurs principes mutualistes... !
Dès qu'ils auront parachevé leur
uvre, ils se voteront leurs indemnités et avantages...
Sur l'insistance notamment de la CFDT et aussi
pour éviter le triste déballage
que je vais devoir faire devant les tribunaux et la presse, Monsieur
Pfimlin, Président de la Confédération, fera
en sorte qu'un compromis soit signé afin d'arrêter
la procédure prud'homale que j'ai déclenchée.
Il nomme un médiateur.
Je signe avec les Présidents un compromis
le vendredi 29 novembre 1991. Le Crédit Mutuel Océan
me versera une indemnité de 3 millions de Francs. Comme par
hasard, le lendemain les Présidents se font voter une rémunération
de 15.000 FF NET par mois à compter du ... 1 janvier 1992,
quant à la voiture de fonction chaque Président a
la sienne depuis le mois de juillet 1991. Preuve, s'il en fallait,
de l'objectif final de toutes ces manuvres Avec l'argent des
autres ... !
Emplois fictifs mais salaires réels
!
Mais il n 'est pas possible
de comprendre tout ceci sans autres informations
sur celui qui manifestement est incontournable : Monsieur René
Airaud.
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