Sommaire
Pourquoi ce site ?
Morceaux Choisis
L'Interview Virtuelle

Préambule
Les Evénements de 1991
La Danse du Scalp
Rumeurs en
Charente Maritime
Les Années 1978/1990
Les Caisses Rurales
Premières Années
Les Années de Création
Conclusion
La Marmite Magique

Notes sur les statuts du
Crédit Mutuel
L'histoire “Officielle”

   
 

 

Les Caisses Rurales
 
Le Départ
Premières Impressions
Un Audit d'Architecte
Bilan
 

 

Les Caisses Rurales en 1978
 


Les Barons

Au Crédit Mutuel de Bretagne il y avait un patron Louis Lichou, Le Directeur Général ; tous les employés sont salariés du groupe et non des caisses locales. Comme Directeur des Cotes du Nord je suis le Directeur des 3 ou 400 personnes qui y travaillent avec un comité d'établissement, des délégués du personnel, etc. Une organisation classique d' entreprise. A la Fédération de la Roche sur Yon c'est pratiquement l'inverse.

Les Caisses sont employeurs. Les salariés dépendent du Conseil d'Administration de la Caisse. Pour certaines Caisses, notamment dans le nord et le centre de la Vendée et les Deux Sèvres la notion d'employeur est une simple façade. Elles ont délégué leurs pouvoirs de direction et gestion du personnel à la Fédération mais néanmoins le Conseil d'Administration de la Caisse doit donner son accord pour tout changement de directeur. Fédération et Caisse doivent tomber d'accord pour éventuellement sanctionner, retirer ou nommer le Directeur.
Mais d'autres caisses et non des moindres sur le littoral Vendéen et la Charente Maritime s'en tiennent au pied de la lettre (sur le modèle de la fédération de Strasbourg). Elles sont employeurs jusqu'à avoir leur propre convention collective.

Ainsi, au minimum, dans tous les cas, le pouvoir de "changer de directeur" ne peut résulter que d'un accord, d'une discussion, d'une négociation entre le Siège et le Conseil de la Caisse.

Les Directeurs, pourvu qu'ils aient l'accord de leur Conseil d'Administration, de leur Président, font ce qu'ils veulent. Il y a des différences considérables entre des Caisses comparables. Pour une même collecte de dépôt les effectifs comme les frais d'exploitation varient de 100 % ; les assurances des locaux ou des emprunteurs sont très diverses, souvent souscrites auprès de l'assureur local qui est également Administrateur. Certaines caisses font des crédits aux entreprises, d'autres ne veulent surtout pas en entendre parler, certaines développent le compte chèque, la plupart s'accrochent au dépôt sur Livret qui représente alors environ 80 % des dépôts. Il en est de même pour les Assemblées Générales que chaque Caisse doit tenir tous les ans comme toute association : certaines cherchent à réunir le maximum de sociétaires, pour d'autres une convocation dans un petit journal que personne ne lit, un Procès verbal signé par le Président et quelques Administrateurs et l'assemblée est légalement tenue…

Les Directeurs ne sont pas d'accord entre eux sauf sur un point : ils sont tous plutôt contre le Siège, contre le pouvoir de la Fédération, contre l'Inspection. Une règle : le moins de pouvoir possible au niveau du groupe, le moins de cotisations, le moins de règlement et de contrôle. Ils ont montré leur pouvoir dans le dossier de la fusion avec la Loire Atlantique et sont organisés en association.

La plupart d'entre eux ont été à l'origine de la création de la Caisse ou sont arrivés dès que les secrétaires bénévoles ont laissé leur place (à l'arrivée des comptes chèques). C'est leur caisse, leur entreprise, leur famille, leur sang, leur Vie. Beaucoup ont tout appris sur le tas au fur et à mesure du développement. Ils sont, en général, originaires du lieu où ils travaillent, connaissent tout le monde, participent souvent à la vie locale comme élus municipaux ou dans des associations (trésorier). Ils font preuve d'un dévouement sans limite à leur caisse. Comme ils dépendent de leur Conseil d'Administration composé d'amis en réalité coopté, ils y sont quasiment à vie sauf désaccord avec le dit Conseil - plus d'ailleurs pour des problèmes de "politique locale" que des désaccords sur le développement de la caisse…

Les Conseils d' Administration Fédéraux "tétanisés"

Parmi les Administrateurs Fédéraux, on retrouve les mêmes tendances, la même diversité, les mêmes ambiguïtés.
Les Conseils viennent d'être désavoués par ce refus de la Fusion. Il y a de la revanche dans l'air. Certains administrateurs voudraient bien "exister" avoir ce pouvoir que le niveau fédéral devrait leur conférer mais que faire, comment faire, où aller ? Quelle stratégie dans un monde bancaire en pleine évolution ? Etc. Toutes questions qui posées devant eux apparaissent presque saugrenues tant ils sont tétanisés par ce qui vient de se passer à l'exception de deux ou trois Administrateurs .

Dans leur caisse ils font équipe avec le directeur, le "gérant", et dans plus de 90 % ceux sont des amis. Ils participent donc à créer, cultiver, maintenir le fonctionnement décentralisé de la Fédération. Mais quand ils siègent au Conseil Fédéral, ils n'hésitent pas à demander des Règles de fonctionnement organisées, plus centralisées (pour les autres caisses bien sur car ils seront les premiers à ne pas les accepter dans leur propre caisse …). Si les Caisses importantes ont fait élire un représentant au niveau fédéral ce n'est pas par hasard. Oui pour l'organisation, non pour le transfert de compétence de pouvoir.

Un raccourci de cette situation se vit dans la commission du règlement financier
qui a pour but d'établir les règles, les critères de cotisations et de subventions entre les Caisses. Charles Favreau et Michel Surin représentent la Fédération. Il faut avoir leur sens de l'humour, le savoir dire ..sans rien dire, l'interprétation des silences et des nuances pour négocier, faire avancer le projet.

 

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