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Des dépôts mais aucune
base technique
En 1978 la Fédération collecte
3 milliards de Francs et il y a 250 Caisses. En Vendée beaucoup
de Caisses n'existent que sur le papier, aucune activité,
aucune réunion de Conseil, juste une Assemblée Générale
annuelle le dimanche après la messe... pour maintenir artificiellement
l'entité juridique car une Caisse égale une voix en
Assemblée Générale. Lors du vote pour refuser
la fusion ceci a du jouer un grand rôle.
En Vendée, les caisses collectent environ
40% des dépôts du département. C'est un super
score mais ces dépôts sont à 80% en Livrets
alors que c'est le compte chèque qui se développe
désormais dans le monde bancaire. De plus la Confédération
Nationale, à la suite de contentieux a interdit aux caisses
de faire des crédits professionnels aux commerçants
et entreprises.
Mais pour développer le chèque,
gérer les nouveaux dépôts, pouvoir financer
le secteur professionnel ou suivre la réglementation du Ministère
des Finances d'où commencent à sortir tous les nouveaux
produits (épargne logement, sicav, monory) mais encore tout
simplement pour assurer la gestion de l'entreprise Crédit
Mutuel il faut un système Informatique Moderne. Qu'on le
veuille ou non sans informatique performante aucune banque ne pourra
se développer, c'est son existence même qui est en
cause.
En 1970 c'est le début de la première
révolution informatique. Or les caisses sont gérés
par le CTICMO outil informatique commun, créé entre
les Fédérations de l'ouest, complètement obsolète
avec en plus un discours démagogique : "voyez comme
nos prestations ne coûtent pas cher, comparez les à
celles de L'Alsace ou du CMB etc." Evidemment si vous roulez
dans une vielle voiture complètement amortie le Km ne coûte
pas cher.
C'est aussi le début des années
où la communication va devenir essentielle or comment communiquer,
même donner une carte de visite avec comme entête "Fédération des Caisses de Vendée, Loire et Sévres" et expliquer ce que
le mot Loire vient faire la dedans...
De plus, le problème du département
des Deux Sèvres empeste l'atmosphère.
Dans ce département le Sud est rattaché à La
Roche sur Yon, le Nord à Nantes. La Fusion avec Nantes apportait
l'unité à ce département. Le refus entraîne
le renouveau des hostilités entre les deux fédérations.
En réalité les Vendéens et Charentais n'en
ont rien à faire de cette querelle - et moi, qui découvre
cette querelle d'un autre temps, pas plus. Ce n'est vraiment pas
là que se joue l'avenir de la Fédération. Mais
il faut bien "faire avec". Les représentants des
Deux Sèvres et leur Directeur Régional Gilles De loyne
mettent d'autant plus la pression qu'ils constatent l'indifférence
des autres départements.
Et la Confédération Nationale
qui n'a toujours pas admis la rupture de la procédure de
rapprochement entre les groupes de La Roche sur Yon, Nantes et Angers
ne facilite en rien l'apaisement. Elle n'a pas abandonné
le projet de Fusion. D'ailleurs pour qu'un Directeur Général
soit nommé dans une Fédération, il faut en
principe l'agrément de la Confédération. Je
n'aurais cet agrément (tout a fait formel - que des années
plus tard).
Bref, quelque soit le secteur d'activités ça va dans
tous les sens, chacun fait un peu ce qu'il veut, il n'y a plus aucun
projet d'avenir depuis l'échec de la fusion sauf celui d'exister
et La Fédération est complètement isolée
au sein du Crédit Mutuel National.
C'est tout à fait l'inverse de ce que
je viens de quitter au CMB : organisé, avec un projet de
développement sur l' ensemble de la Bretagne. Bien sur on
retrouve les pionniers, les "barons" mais les rapports
entre la Fédération et les caisses sont Clairs. Les
salariés ne peuvent en jouer.
Il y a heureusement Hubert Durand - que la
plupart des administrateurs fédéraux n'aiment pas
trop. Ils en ont une certaine crainte, le langage direct de Hubert
Durand n'est pas ce qu'ils apprécient particulièrement.
"Tant qu'il sera là on ne pourra rien faire et vous
non plus" me dira t on plusieurs fois. Hubert me dira "vous
êtes désormais le patron" et à la surprise
générale s'y tiendra complètement et tout le
temps. Un régal de travailler avec lui pendant trop peu de
temps hélas.
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Les Barons]
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