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Le Départ
Depuis 1971 j'habite
Saint-Brieuc et je suis Directeur du Crédit Mutuel de Bretagne
pour le département des Cotes d'Armor où j'ai eu pour
mission essentielle de "fusionner" les deux Fédérations
de Crédit Mutuel qui existaient sur ce département.
Un matin de février 1978,
je décroche le téléphone. Hubert Durand que
je ne connais pas me demande si je suis intéressé
par le poste de Direction de la Fédération de Vendée.
Surprise totale. Etonnement. Je regarde sur la carte où se
trouve la Roche sur Yon
.où je n'ai jamais mis les pieds
pas plus qu'en Vendée ! Quelques
temps après je prends le chemin de la Vendée pour
un premier contact. Il fait froid, la
route est enneigée. Je laisse la voiture sur la place Napoléon
triste, voire sinistre - à cette époque. Mais le premier
contact avec Hubert Durand - comme tous les autres à venir
- est très chaleureux. Je fais la connaissance de l'homme
qui a dirigé ce groupe mais aussi je découvre la situation
et l'histoire récente de cette Fédération...
Découverte totale. J'ignore tout de ces problèmes,
de cette fusion avortée que je résume en deux mots
:
Théo Braun, Président
de la Confédération et de la Fédération
de Strasbourg (1ère Fédération du Crédit
Mutuel en France : en "poids" cela représente cinq
fois le groupe de la Roche sur Yon, le Crédit Mutuel de Bretagne
"pèse" quant à lui trois fois plus que le
groupe de la Roche sur Yon) avait estimé à juste titre
que les petites fédérations ne s'en sortiraient pas.
En Bretagne un regroupement général venait de s'opérer
autour du CMB. Le projet de regrouper les Fédérations
de Loire Atlantique, Vendée et Maine et Loire avait fait
son chemin puisque une Assemblée Générale de
fusion était convoquée en 1975 à Nantes. Le
dépouillement du vote fut une surprise : la majorité
des caisses de Vendée votaient contre cette fusion !
Un véritable camouflet pour les dirigeants et les Conseils
d'Administration Fédéraux.
La Fédération de La Roche sur Yon fut mise sur le
"banc de touche" au plan national. La Confédération
Nationale délégua Monsieur Montanari, Inspecteur Général
pour mettre de l'ordre et ramener cette Fédération
à la raison. Mais Monsieur Montanari prit le parti de la
Fédération. Son décès laissa à
nouveau la Fédération sans réelle Direction.
Hubert Durand désirait
se retirer, le refus de la fusion l'avait laissé amer, ses
relations avec son ami Théo Braun étaient devenues
très tendues. Il lui fallait un Directeur. Contactant des
amis du CMB ceux ci lui donnèrent mon numéro de téléphone.
Mes amis et collègues savaient que je souhaitais d'autres
défis après avoir installé le CMB en Cotes
du Nord et mon épouse "était Française".
Tous les autres étaient mariés avec une Bretonne et
aucun n'envisageait de quitter la Bretagne. Ils y sont d'ailleurs
tous restés jusqu'à leur retraite.
Je n'étais pas parti à
La Roche sur Yon avec en tête le désir d'être
Directeur Général.
Je souhaitais être le numéro 2, le Directeur d'exploitation,
laissant à quelqu'un d'autre les relations avec le Conseil
d Administration et surtout avec Paris, la Confédération,
etc.
L'expérience de Saint-Brieuc comme homme de terrain m'avait
passionné et j'étais très motivé, en
tirant les leçons de ce que l'on venait de réaliser
au CMB, pour remettre sur pied une Fédération moderne,
nerveuse et réactive.
C'est ainsi que je rencontrai
un banquier que Hubert Durand avait recherché pour être
Directeur Général. Je compris rapidement que nos expériences
et notre façon de voir l'évolution du groupe étaient
trop différentes pour être complémentaires.
J'informais Hubert Durand du retrait de ma candidature.
Finalement, peu après,
il me demandait d'accepter
de venir comme Directeur Général.
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