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La Saga Informatique : Émile Berger, un grand Monsieur.
J'ai bien retenu les conseils de mes collègues
du CMB. C'est bien sur vers le CTICMO que je me tourne en arrivant
mais les rencontres avec les responsables du CTICMO en vue d'élaborer
ensemble un projet de développement se soldent par un échec.
Le CTICMO ne veut pas en entendre parler
d'autant plus qu'il s'agit d'une proposition émanant de la
Fédération de Vendée. Ce n'est pas demain que
la Fédération de Nantes, qui prédomine au CTICMO,
nous lâchera quelque chose
Il faut pourtant trouver
une solution à la carence du CTICMO. Je
navigue à vue, dans le brouillard, cherchant quelques points
d'appui, quelques repères d'autant que l'informatique n'est
vraiment pas le problème prioritaire ni des caisses ni des
cadres. Pour déclencher la réflexion, le concours
de Jean-Pierre Gallocher, le soutien moral de Christian Heitz seront
importants ainsi que l'appui de deux ou trois administrateurs notamment
Monsieur Besnard (Niort).
C'est en partant d'une idée toute simple
que viendra la solution : puisque vous voulez votre indépendance,
et que la Confédération, les autres fédérations
de l'Ouest, notamment Nantes, n'ont de cesse de vouloir remettre
en route la fusion alors prenez votre indépendance informatique.
Car il suffit d'appuyer sur un bouton au CTICMO et vous ne pouvez
plus fonctionner (ce qui est arrivé à la caisse de
Thouars qui voulait quitter la Fédération de Nantes
). c'est sur la peur de représailles confédérales
ou nantaises et non sur l'intérêt, l'urgence de se
doter d'un système informatique adapté que nous allons
pouvoir ouvrir le dossier, en commençant par faire adopter
en Assemblée Générale de la Fédération
: le principe suivant : "Le CMO ouvre la réflexion
en ce qui concerne son avenir informatique". Bernard Daurensan,
alors Directeur Adjoint du CTICMO quittera la salle
..
Le recrutement d'Émile Berger, la création
d'une commission informatique, etc., le dossier va avancer rapidement
jusqu'à la décision finale de quitter le CTICMO. Cela
me vaudra de subir, encore un peu plus, les remarques désobligeantes
des Fédérations voisines associées dans le
CTICMO. Mais quelques années plus tard j'entendrai souvent
Heureusement que vous avez fait exploser le CTICMO.
Pas d'informaticiens, aucun programme informatique
le CTICMO ayant refusé au CMO
de pouvoir utiliser ceux existants, pas de matériel ni bien
sur de salle informatique. C'est un pari peu fréquent dans
une banque : créer de toutes pièces un système
d'information en partant de zéro. Émile Berger conduira
cette opération de main de maître sachant tout à
la fois communiquer avec la commission informatique et les caisses,
organiser une programmation "d'enfer", négocier
avec les constructeurs, recruter et motiver l'équipe des
nouveaux informaticiens, suivre la construction de la salle informatique,
etc. Un grand chef d'orchestre, respecté et reconnu par ses
pairs bien au delà des frontières vendéennes.
Le projet s'énonce simplement :
Créer un
système information qui permette au CMO de pouvoir assurer
tous les services et produits souhaités par les sociétaires,
réaliser toutes opérations financières, financer
les entreprises, disposer d'une gestion interne efficace - par
caisse locale - et accueillir tous les développements techniques
que l'on peut imaginer à l'époque ( les cartes,
les guichets automatiques ), et ceci en profitant le plus possible
des expériences des autres banques et des constructeurs
de matériels.
Quitte à créer, autant se doter
du meilleur système possible. La première décision
est la sélection du constructeur informatique principal,
le choix est entre IBM et Bull. IBM est quasiment certain d'emporter
le match puisqu'il équipe le Crédit Mutuel de Bretagne et
la Fédération de Strasbourg. A cette époque
l'impérialisme d'IBM s'exerce pleinement :le client doit
s'équiper "tout IBM" de l'ordinateur central aux
terminaux en passant par les guichets automatiques bancaires. Au
cours d'un séminaire auquel IBM a invité une quinzaine
de cadres, je fais part aux responsables d'IBM de la réponse
de Bull -moins chère de 5 ou 6 millions de francs je crois-
que nous venons de recevoir. Une grande partie de la soirée
IBM matraque : Bull ne tient jamais ses promesses, des
incapables, système sans évolution possible, etc.
Bigre ! Je vais à Brest, à Strasbourg recueillir les
remarques des responsables informatiques, valider notre projet.
Ils me disent partez avec Bull ce sera plus facile pour
démarrer, avec IBM vous ne pourrez jamais discuter. Et, sans
doute, à la prochaine génération d'ordinateur,
dans 7/8 ans, vous nous rejoindrez dans le club IBM.
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