|
Théo Braun, qui en tant que président de la Confédération
n'a pas apprécié notre décision de quitter
le CTICMO me dira N'oubliez pas dans votre projet informatique
les développements pour accueillir l'assurance
par la suite il n'émettra plus aucune réserve !
La proposition de Bull est retenue avec des
terminaux Nixdorf et des guichets automatiques bancaires NCR. Quelques
jours après notre décision, la Direction d'IBM est
dans mon bureau : tout est désormais négociable, il
y a de bons ordinateurs d'occasion et les terminaux peuvent être
d'une autre marque, etc. !
Comme le projet est tout à fait exceptionnel,
l'équipe informatique va se composer d'ingénieurs
très compétents, spécialistes dans leur secteur
et surtout hyper motivés. Ils vivront un tel projet une fois
dans leur vie. Beaucoup de stress, de buffets froids, de nuits blanches
en perspective. Ils sont tous venus pour cela. Ils le savent et
ne seront pas déçus. Ces informaticiens vont apporter
bien plus que leur compétence professionnelle à commencer
par leur connaissance d'autres réseaux bancaires, des méthodes
de travail nouvelles où "l'a peu près" n'est
pas acceptable. Intégrant peu à peu dans leur équipe
des salariés non informaticiens, en contact constant avec
les différents services et caisses, ils vont transmettre
leur volonté de gagner ce pari à toute l'entreprise.
Que des "non vendéens" aient quitté leur
emploi pour venir défendre le
pari du CMO, que des constructeurs informatique mondialement connus
soient passionnés par ce projet (Le CMO sera longtemps un
site pilote et Américains, Anglais, Allemands viendront travailler
rue Pasteur a la Roche sur Yon) a cloué le bec aux éternels
défaitistes et passéistes et redonné confiance,
voire une certaine fierté à tous les acteurs de l'entreprise.
Un journaliste pouvait titrer le CMO s'éclate à
l'informatique. Les qualités techniques et humaines
de cette équipe informatique et de leur patron Émile
Berger, marqueront fortement l'entreprise. Le CMO leur est redevable
d'une bonne partie de son développement futur car non seulement
ils ont créé la base technique qui permettra d'accueillir
tous les nouveaux projets mais ils ont fait souffler un esprit nouveau,
ouvert les fenêtres, démontré que le CMO gagne,
laissant bien loin les jérémiades d'un passé
pourtant proche.
Bien sur ces développements informatiques
ne seront pas réalisés sans douleur. De gros problèmes
vont se poser avec Bull notamment quant à la suite d'une
réorganisation interne notre dossier, jusqu'alors suivi par
des spécialistes du marché bancaire, sera confié
à la direction territoriale de Bordeaux qui n'avait aucune
connaissance particulière du système bancaire. Émaille
Berger prit le mord aux dents et la Direction Générale
de Bull à Paris reçut presque tous les jours des fax
d'une longueur certaine, évoquant tous les problèmes
rencontrés. Un soir Les Directeurs Centraux de Bull sont
arrivés de Paris, presque à l'improviste, pour "faire
la paix" et remettre les dossiers en ordre.
En Janvier 1983, conformément aux prévisions
le système informatique sera opérationnel. Pari réussi,
défi relevé. Nous sommes passés directement
d'un système obsolète aux techniques les plus avancées.
En très peu de temps, tous les salariés vont quitter
la pointe bic pour le terminal Nixdorf ! Dans le monde bancaire
et informatique, le CMO va être montré du doigt, respecté
et envié. La performance est unanimement reconnue.
Pour accueillir l'ordinateur central et les
équipements connexes, une autre course contre la montre était
engagée, Maître Goujon mènera
à bien cette difficile opération : la construction
dans l'ancien siège, rue Pasteur, du nouveau centre informatique.
Les Journées Informatiques de Vendée
L'enjeu informatique dans notre vie future
de citoyen nous semble trop important pour n'inviter que les personnalités
locales et les administrateurs à venir constater que ces
nouveaux locaux informatiques sont fonctionnels avant de prendre
"le verre de l'amitié". Le Crédit Mutuel
ayant pour vocation d'être au service des sociétaires
et de sa région, nous imaginons (Émile Berger et son
équipe informatique, Jean-Pierre Gallocher, Marie Christine
Michelet, Yves Emerit, Bernard Tesson, etc.) une manifestation ouverte
à tout le monde. Le projet séduit Jacques Auxiette,
Maire de La Roche sur Yon. Avec l'appui de nos trois fournisseurs
informatiques et de la chambre de commerce nous allons créer
les Journées Informatiques de Vendée (JIV).
Notre volonté est de montrer ce qu'est
l'informatique en 1981 et les utilisations futures attendues dans
tous les domaines : entreprises, collectivités, enseignement,
particuliers. Pour les JIV qui suivront en 1983 et 1985, l'Enseignement
Public et Privé, L'Université de Nantes prendront
une place essentielle consacrant l'intérêt de cette
manifestation : 30.000 personnes en 4 jours.
Pour moi les JIV symbolisent la compétence
du CMO, le dévouement, "le bénévolat"
de ses salariés - car bien sur chaque animateur avait à
assumer ses responsabilités habituelles pendant la préparation
des JIV. Une manière pour le CMO de redonner à la
région qui le fait vivre, ses connaissances, son savoir faire.
Les JIV s'arrêteront victimes de leur succès car la
poignée d'animateurs sur qui tout repose ne peuvent plus
consacrer le temps nécessaire à la préparation
d'une manifestation de cette ampleur !
Les JIV donneront naissance au CRIP
: un centre de formation à la micro-informatique. L'idée
vient du Maire Jacques Auxiette qui après la première
manifestation nous propose de la pérenniser. La ville met
à disposition le local et le CMO le matériel. Comme
il est absolument nécessaire que le CMO s'équipe de
salles de formation pour former l'ensemble des salariés à
l'utilisation des terminaux, ce projet nous convient tout à
fait, les matériels étant mis gratuitement à
la disposition du public en dehors des heures de formation. Bernard
Ottavy sera recruté comme Directeur.
Une structure identique sera mise en place
avec la mairie de Rochefort sur mer. CRIP et CRIR
continuent depuis leurs activités.
En 1989/1990, comme cela était prévu,
l'informatique passera de Bull vers IBM. Le CMO se rapprochant ainsi
des autres groupes, CMB, Strasbourg et Laval. Avec Laval nous partageons
la même analyse : à terme, compte tenu de l'évolution
de l'informatique, des coûts, nous n'avons pas d'autre solutions
que de nous rapprocher peu à peu de Strasbourg. Nous allons
en conséquence engager une politique informatique commune
et créer un GIE en 1991. La route est ouverte à une
nouvelle coopération inter-fédération
[<<
Saga Informatique...] [La
suite >>]
|