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Le Financement du Particulier
L'activité traditionnelle du Crédit Mutuel a savoir
le financement de l'habitation principale est profondément bouleversée
dans les années 1980 du fait de la politique d'encadrement du crédit.
Chaque banque voit son encours de crédit quasiment bloqué. Plus
question d'accorder des prêts "directs". Encore une tradition qu'il
faut abandonner en montant des dossiers en partenariat avec d'autres
organismes (CDE, CFF, etc.) dont il faut respecter les règles plus
strictes. Les caisses, les conseils d'administration qui pouvaient
prendre certaines libertés avec les crédits classiques commencent
à se sentir, à tort ou à raison, déposséder de leur pouvoir d'accorder
librement des crédits.
C'est également le début des formules d'épargne logement.
D'une manière générale les caisses ne s'y sont pas précipitées car
l'épargne déposée dans ces contrats d'épargne logement n'est pas
gérée par la caisse - comme les dépôts sur livret - mais par la
caisse fédérale : pourtant le meilleur service à rendre aux sociétaires
c'est bien de leur proposer l'ouverture d'un compte ou livret épargne
logement. Les règles de fonctionnement du Crédit Mutuel ont ainsi
de curieuses conséquences où l'intérêt, tout a fait théorique, de
la caisse passe avant celui du sociétaire. L'épargne logement créant
un droit quasi automatique au crédit c'est une nouvelle brèche dans
le pouvoir des conseils d'administration …
Ainsi, au fil des nouvelles formules de crédit, dans
un encadrement qui ne fait qu'accentuer le processus, le crédit
direct disparaît peu à peu compte tenu de toutes ces règles de plus
en plus complexes qui ne cessent d'être édictées et avec lui l'essentiel
de ce qui faisait l'objet des réunions des conseils d'administration.
En outre, les sociétaires ne veulent plus attendre plusieurs semaines
pour obtenir un accord. Comme il n'est pas possible de tenir une
réunion toutes les semaines, les conseils d'administration se voient
obligés de déléguer le pouvoir de dire "oui ou non" à une demande
de crédit au directeur de la caisse. Une fois décliné les beaux
discours sur le mutualisme force est de constater que le sociétaire
"s'en fout". Il va vers l'organisme le moins cher, le plus rapide,
le plus proche de son domicile. Il souhaite que son crédit soit
débloqué au plus vite. Banque Mutualiste ou non ce n'est vraiment
pas son problème.
Hélas, plutôt que de regarder la réalité en face,
de prendre en compte les contraintes extérieures (encadrement, formules
diverses définies par le gouvernement) et ce qui est au moins aussi
important : tenir compte des souhaits des clients sociétaires, beaucoup
d'administrateurs vont cultiver la nostalgie et les états d'âme
(à quoi servons nous ?) à longueur de réunions et de discours. Une
politique de l'autruche ! C'est la modification de l'environnement
financier et les nouveaux comportements des sociétaires, supprimant
l'ordre du jour traditionnel des réunions de conseils, qui seront
à l'origine de la crise d'identité des administrateurs et non une
soi disante volonté des salariés de minimiser le rôle des administrateurs
comme un certain discours ambiant et démagogique tentera de le faire
croire (discours que l'on retrouve tout a fait dans le livre "L'Argent
Solidaire").
La mise en place des
délégations régionales consolidera rapidement la structure
d'études des crédits aux particuliers et en permettra le développement.
Les services du siège pouvant se consacrer aux relations avec les
partenaires : Crédit Foncier, Comptoir des Entrepreneurs, etc. et
au suivi des formules de crédit que chaque Ministre ne manque pas
de créer pour ….relancer le marché immobilier.
Le Crédit Mutuel Océan aura le privilège
d'être la première Fédération contrôlée par le Crédit Foncier venu
constater si les prêts conventionnés (épargne logement, etc.) sont
attribués conformément à la réglementation en vigueur. Panique à
la Confédération Fédérale, l'image du groupe où chacun
fait ce qu'il veut colle encore au CMO. C'est l'ensemble du Crédit
Mutuel qui pourrait être pénalisé si les conclusions de cette inspection
étaient défavorables. Je vois encore Théo Braun me dire : faites
ce que vous voulez ! Offrez à l'inspectrice de grands gueuletons
aux Sables d'Olonne .... Cette inspection aura le mérite
de redorer le blason du CMO aux yeux des autres groupes, de reconnaître
la compétence de ses collaborateurs chargés de suivre ces dossiers
car le rapport ne fera état de rien de bien anormal. Plus tard le
CMO, à nouveau, fera l'objet du premier contrôle de la Banque de
France, avec des conclusions également satisfaisantes.
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