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Le Financement des Entreprises
Le point en 1978
En 1978 des contentieux célèbres
au niveau interne ont entraîné de lourdes provisions.
Ils sont au centre de nombreuses conversations notamment au sujet
de la responsabilité de la caisse de la CRUEM qui regroupe
bon nombre d'administrateurs fédéraux (Hubert Durand,
René Mignen, Raymond Gatineau, Alexis Boisseau). Les caisses
ne doivent plus financer les entreprises sur ordre de la Confédération
Fédérale qui a délégué l'Inspection
Confédérale pour s'assurer du respect de cette décision.
En réalité tout cela est exagéré mais
dans le climat "post échec de la fusion",
c'est une autre façon de sanctionner la Fédération
de la Roche sur Yon. La BFA (Banque Française de l'Agriculture
et du Crédit Mutuel) joue un peu le rôle de conseiller
technique près de notre fédération, y délègue
quelques collaborateurs et accorde certains crédits au lieu
et place des caisses. La BFA a pour actionnaire 7 ou 8 groupes de
Crédit Mutuel (Arras, Lille, CMB, Nantes, Chateaudun, etc.
) ayant pour la plupart une activité agricole. Elle nourrit
en son sein une sorte d'opposition à Théo Braun animée
par les groupes d'Arras et Lille et concurrence les produits financiers
de la Confédération et de la Caisse Centrale. Elle
s'inscrit dans la mouvance du Crédit Mutuel sans y avoir
une place officielle tout en y jouant un rôle certain, situation
ambiguë bien représentative du fonctionnement ou des
dysfonctionnements du Crédit Mutuel. La BFA sera au coté
des "vendéens" pour les aider à passer cette
pénible période...
En arrivant en 1978, je n'ai de l'économie
de la région que quelques images d'Epinal : les plages noires
de monde en été, une agriculture traditionnelle, sans
hors sol, quant aux entreprises ... aucune idée. Quelle surprise
de découvrir le tissu industriel Vendéen !
Dans les années 1950 de nombreux artisans ont commencé
à développer leurs activités. Les Vendéens
n'ont pas eu à se déplacer pour trouver du travail,
les entreprises se sont développées à leur
porte. Les artisans sont devenus des chefs d'entreprises, simplement
sans faire de bruit, à la vendéenne. L'usine à
la campagne est une réalité banale en ce département.
Tout en donnant à leurs entreprises une dimension nationale
ou internationale, ces chefs d'entreprises sont restés attachés
à leur terre de naissance, à leur environnement familial,
communal. Ils aiment participer, s'engager dans le vie de la cité
: des chefs d'entreprises citoyens. Ils sont maires, présidents
d'associations notamment sportives, amateurs de peinture, de chansons,
administrateur du Crédit Mutuel ou du Crédit Agricole,
etc.
Les entreprises encore détenues par
la famille commencent en 1980/1990 à s'interroger car approche
l'époque pour les fondateurs de passer la main. En outre
communiquer, sponsoriser, faire parler de soi ce n'est pas leur
problème en application du principe "pour vivre heureux
vivons cachés". Bientôt dans le sillage de son
bateau skippé par Philippe Poupon, améliorant ainsi
considérablement la notoriété de son entreprise,
Yves Gonnord, Président de Fleury
Michon, va entraîner les entreprises de Vendée
à s'engager dans une véritable politique de communication.
Il a une fois encore ouvert la voie avec le succès que l'on
sait. Foi de PRB, vainqueur du
Vendée Globe
! Le plus étonnant, ce qui me marquera le plus, c'est la
solidarité qui existe de manière quasi informelle
entre les responsables des plus grandes entreprises ce qui engendre
une sorte de dynamisme naturel. Certes ils se retrouvent à
la Chambre de Commerce et d'Industrie, au Syndicat Patronal mais
le quotidien est plein de choses qui ne se voient pas, dont on ne
parle pas, de coups de main qui se réalisent en toute discrétion,
de participations croisées, etc., sans parler des initiatives
émanant d'organismes tels que CJD, ETHIC, Union Patronale,
CCI et plus tard des clubs d'entreprises qui regrouperont par secteur
géographique toutes les entreprises de Vendée, création
à la quelle le CMO n'est pas étrangers
.
On ne retrouve pas du tout le même phénomène
PME en Charente Maritime. D'une part une partie importante de ce
département travaille pour le Cognac et d'autre part ceux
sont de grands groupes industriels qui sont installés à
La Rochelle, tel Simca, et les usines ferment les unes après
les autres...
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