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Le Financement des Entreprises
1980/1984 : Connaître et se faire
Connaître
En 1980, Il n'est pas question pour le CMO d'ouvrir
les portes au financement des entreprises avant d'avoir réuni
une équipe compétente,
réussi le pari informatique
afin de disposer d'un système capable de gérer les
crédits professionels et en tout premier lieu l'escompte.
A ce moment quand il y a des traites elles sont souvent dans le
tiroir du directeur de caisse ! En attendant nous allons saisir
toutes occasions pour rencontrer ces responsables d'entreprises
- des amis journalistes tel Michel Renault et sa revue "Demain
l'Ouest" n'hésiteront pas à jouer les entremetteurs
- en allant sur le terrain, en participant à des manifestations
diverses et variées que souvent le CMO sponsorise mais aussi
en les invitant au nouveau Siège.
La qualité, l'allure de ce bâtiment
signifient de prime abord que le CMO n'est pas une petite boutique
et soutient la comparaison avec le Crédit Agricole ou le
CIO. Y inviter les responsables économiques, politiques,
administratifs et bien sur les administrateurs de caisses sera du
meilleur effet. Bientôt la visite du nouveau centre informatique
de la rue pasteur va devenir incontournable et
. impressionnante.
Accueillis par les Présidents Mignen et Ninin
et les responsables du siège ou de l'informatique, les invités
vont modifier profondément l'image qu'ils avaient du Crédit
Mutuel à savoir, comme le confirmeront les études
d'image, une petite boutique où l'on a son livret, donné
sa caution en faveur d'un emprunteur. Le CMO recueillera le bénéfice
de ces réceptions et de toutes les manifestations auxquelles
il participe quand il sera prêt à accueillir les entreprises
à partir de 1984. Quoi de plus normal d'ailleurs que ces
invitations car ce bâtiment financé grâce aux
dépôts des Vendéens, Charentais, Deux Sèvriens,
est d'une certaine façon le leur, celui des invités.
Je tiendrai à ce que le troisième étage, le
restaurant, le bar leur soit toujours accessible. Un endroit ouvert
à tous, témoin de nombreuses rencontres insolites
où de nombreux projets ont pris corps. Le contraire d'un
ghetto. Les sociétaires y sont accueillis familièrement
comme ils nous accueillent chez eux. En visite chez un président,
un administrateur, un chef d'entreprise vous finissez la discussion
plus souvent à la "cave" que dans le salon : une
particularité de l'accueil en cette région. Quelques
barriques, des cartons de bouteilles de vins, des verres ébréchés,
des tabourets branlants, la cave est le domaine de "Monsieur"
! En route pour aller rendre visite à un de ses clients j'ai
plusieurs fois entendu le directeur d'agence me dire si
on ne termine pas à la cave c'est loupé!.
C'est presque un jeu pour certains : le patron va-t-il être
bon ? traduisez être invité à la cave en fin
de discussion. Quant au "petit vin de ma vigne", directement
du producteur au consommateur, de la barrique au verre juste rincé
.HUM HUM... J'avais décliné la loi des trois
F au Crédit Mutuel : la Foi (dans le mutualisme), une Femme
(qui accepte ces innombrables soirées qui se terminent vers
minuit) et un Foie pour les traditionnels buffets campagnards, les
petits vins de pays
. Je déclare sur l'honneur avoir
bien respecté cette loi !
Autre manière de véhiculer la nouvelle
image du CMO : être présent dans le maximum de "clubs".
Tous les collaborateurs qui en ont envie seront incités à
faire partie du Centre des Jeunes Dirigeants, de la Jeune Chambre
économique, du Lions, du Rotary, etc.
La préparation des JIV
fournira le premier prétexte pour faire connaissance avec
la Chambre de Commerce et d'Industrie et son président Henri
Joyau. En 1982, à l'occasion d'une réunion consacrée
à la création d'entreprise, les choses sérieuses
vont commencer. Je sais que l'on approche du jour J. Le projet informatique
avance bien et le CMO va pouvoir bientôt concrétiser
ses projets de développement. Je participe à cette
rencontre. Monsieur Goua de la Banque Populaire est près
de moi. Bien entendu et à juste titre les créateurs
critiquent les banques. Après un rapide aparté avec
Goua, nous leur proposons que Crédit Mutuel et la Banque
Populaire mettent au point avec eux une formule de crédit
(et de suivi, de conseil ) dans le cadre d'une enveloppe financière
de l'ordre d'un million. Proposition particulièrement bien
accueillie par l'assistance ! Mise en forme et signée par
les Présidents 3 mois après. Un accord semblabe sera
signé en 1984 en Charente Maritime.
Ce jour là, les présidents signent l'acte de renaissance
du CMO dans le financement des entreprises !
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