Sommaire
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Morceaux Choisis
L'Interview Virtuelle

Préambule
Les Evénements de 1991
La Danse du Scalp
Rumeurs en
Charente Maritime
Les Années 1978/1990
Les Caisses Rurales
Premières Années
Les Années de Création
Conclusion
La Marmite Magique

Notes sur les statuts du
Crédit Mutuel
L'histoire “Officielle”

   
 

 

Rumeurs ...
 
Les Faits
Par Qui ? Pourquoi ?
On respecte les gens
 

 

 

Rumeurs en Charente Maritime
 


Les Faits

La vie de la délégation de Charente Maritime a toujours été très chaotique. Laissées à elle même par les vendéens, les caisses de ce département ont pris leur indépendance. La Rochelle, Saintes, Royan et Rochefort notamment fonctionnent presque de manière autonome. Les caisses veulent bien des subventions des caisses vendéennes accordées par l'intermédiaire de la Fédération - et n'oublient pas de les réclamer - mais considèrent tout contrôle comme limitant leurs responsabilités !

En 1978, dans ce contexte très difficile, c'est Alain Bernard qui exerce la fonction
de délégué pour le département avec courage, sans grand soutien du Siège qui n'en est pas encore capable. Il quittera le Crédit Mutuel pour créer, avec succès, une entreprise dans le bordelais.

En septembre 1983, à défaut de candidature interne (pour un vendéen quitter la Vendée pour la Charente Maritime semble très difficile) Michel Louvel sera recruté pour lui succéder. Très attiré par les théories en matière de management, brassant beaucoup d'idées, multipliant les réunions, les rencontres, M. Louvel amènera les caisses de Charente Maritime à travailler entre elles dans un meilleur climat - une certaine unité se réalise au sein de ce département - et à améliorer leurs relations avec les services du Siège dont la compétence est désormais reconnue. Quelques administrateurs notamment Monsieur Fargeas, Président de la caisse de Royan, participeront, au coté de Louvel, à ces rapprochements, à cet apaisement… sans pour autant régler certains problèmes de fond notamment en ce qui concerne la sécurité des engagements, les contentieux, etc. Les théories en matière de management peuvent cacher, occulter les réalités mais pas jusqu'à les faire disparaître !

En 1987, au départ de Christian Jochaud, Directeur des Relations Humaines, pour la Fédération d'Angers, je confierai à Michel Louvel cette direction au Siège...fonction plus propice à certains développements théoriques. J'irai avec Michel Louvel proposer à Serge Poisnet, leader des directeurs de caisse, de prendre la suite (ce qui donnera des boutons à quelques sectaires bien connus !). Poisnet préférera rester à La Rochelle. Je suis tenté de nommer J.L. Menet, Directeur de la caisse de Saintes comme délégué mais un rapport d'inspection que j'ai demandé fera état de dysfonctionnements peu acceptable - en effet, il n'est pas " recommandé " à un banquier d'accorder lui même des crédits à des entreprises dont il est directement ou indirectement actionnaire ! Pas question de le nommer au poste de délégué, je le laisse néanmoins à la caisse de Saintes.

C'est de Lorraine que viendra le successeur de M. Louvel. René Quarti vient de Longwy où il dirige un groupe de caisses. Il a 20 années de Crédit Mutuel à La Fédération d'Alsace, Lorraine et Franche Comté. Il a vécu au sein de la première Fédération de France l'évolution du Crédit Mutuel, a assumé des responsabilités syndicales ainsi que la présidence de la Jeune Chambre Économique de Lorraine.

Je l'ai rencontré pour la première fois à La Rochelle, en 1986, à l'occasion de la décoration de Serge Poisnet de l'Ordre National du Mérite par Théo Braun. En tant que Président du syndicat autonome des cadres de la fédération de Strasbourg, René Quarti avait répondu à l'invitation de son collègue syndical. Nous avions fait connaissance et j'avais retenu qu'il aimerait bien venir au CMO. Quand la délégation de Charente Maritime se trouva à nouveau vacante, j'ai repris contact après en avoir parlé à ses patrons de Strasbourg et de Metz : Jean Witz, Directeur Général de la Fédération de Strasbourg, et Raymond Terver, PDG de la banque du Crédit Mutuel Lorrain. En septembre 1987, René Quarti prendra ses fonctions. Connaissant bien le fonctionnement interne du Crédit Mutuel, il lui restait à découvrir les particularités du CMO et de la Charente Maritime…

Je lui demande en priorité de "faire le ménage" dans les dossiers de crédit, de mettre à profit son expérience bancaire pour imposer une rigueur certaine en matière d'engagements. Le résultat de cette action balayage se passe de commentaire : Les créances contentieuses, c'est à dire le montant des dossiers en retard, en difficultés, amassés voire cachés dans les caisses passeront de 30 millions en décembre 1998 à 69 millions en 1990 ! Dur retour à la réalité ! Sans effort, on imagine que ce genre d'action ne se mène pas sans créer des tensions avec les caisses et surtout avec leurs directeurs directement responsables de ce laisser aller. Malgré cela, la progression des dépôts est tout à fait correcte. Les caisses de Charente Maritime vont elles enfin se développer "normalement", sans alimenter indéfiniment les services contentieux ?
Victime d'un accident de voiture en avril 1989, René Quarti va subir 9 opérations en deux ans et sans doute parce qu'un malheur n'arrive jamais seul, sa femme décède d'une grave maladie en septembre 1989. Il reprendra théoriquement son travail en avril 1990, mais entre opérations et soins, ne pouvant de déplacer qu'avec l'aide de béquilles, il ne peut en réalité exercer ses fonctions qui imposent des déplacements très fréquents en voiture. Comme il n'est pas possible de laisser plus longtemps la délégation sans directeur, nous nous mettons d'accord pour qu'il prenne en charge, quand il le pourra, les relations avec les collectivités locales, les associations. ( Les présidents de caisses ont insisté auprès de moi pour que je lui propose un poste en relation avec ses qualités, à l'opposé de toute idée de sanction …)

C'est cet homme là, se traînant sur des béquilles, qui n'a effectivement exercé ses fonctions que pendant 18 mois que les présidents et leurs acolytes vont "abattre".
Le 1er juin 1991, l'adjoint à la délégation l'informe qu'il est suspendu de ses fonctions ! Convoqué le lendemain à La Roche sur Yon, les Présidents et M. Bréheret lui confirment cela dans le hall d'entrée du siège !
Il recevra sa lettre de licenciement un mois plus tard qui contient un paragraphe à mettre dans toutes les facultés de droit :
en abusant de la position que vous déteniez dans l'entreprise, vous avez obtenu ou tenté d'obtenir pour la restauration de votre résidence des conditions avantageuses d'entreprises travaillant pour le groupe CMO ou susceptibles de le faire.
Vous n'avez rien fait mais vous auriez pu le faire…ce n'était pas des clients mais cela aurait pu l'être, il n y a rien de vrai mais cela aurait pu l'être etc.

Par respect pour l'Institution Prud'homale je ne dirai rien des Prud'hommes de la Roche sur Yon qui, en deux séances, confirment le licenciement. La Cour d'Appel de Poitiers, rappellera qu'il existe un droit du travail que l'on ne peut impunément le mépriser et condamnera le CMO à payer 680 000 F à René Quarti.

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