|
Extrait de l'Interview
menée par Monsieur Gérard (page 296, 305 et 306)
du livre "L'Argent Solidaire".
Arrivé : J'aime
à dire que je suis tombé dans la marmite en venant au monde. Mon
arrière grand père était l'un des fondateurs de la caisse de Treize
Septiers. Il s agissait d'aider ceux qui avaient vraiment besoins
d' argent. Mon grand père a pris la suite puis mon père et moi naturellement.
C'est tout simplement un façon d'être au service des autres, de
participer à la vie locale.
Gérard : Il y a également
l'héritage historique : l'Est et l'Ouest sont de vieilles terres
de catholicité et de cela aussi il faut que nous parlions. Certes
le crédit mutuel s'est déclergifié, puis déconfessionnalisé. Mais
tous vos propos accordent une grande importance à l' éthique qui
vient contrebalancer les réalités économiques.
Joguet : C'est ça le
mutualisme.
Daurensan : Nous
continuons à bénéficier de la proximité avec les enseignants catholiques
ça a sans doute freiné l'érosion des valeurs mutualistes que nous
constatons au Crédit Agricole.
Gérard : D'autant plus que la logique du crédit
Agricole, une création de l'Etat, a toujours été descendante.
Arrivé : Exactement. Dans les caisses rurales
la population choisissait les autorités morales, Au crédit Agricole
la structure privilégiait les notables.
Daurensan : A mon sens le néo capitalisme
dont nous parlions tout à l'heure est condamné d' avance parce qu'il
est trop réducteur. Le mutualisme c'est l'équilibre entre les aspirations
des sociétaires, des administrateurs et des salariés. Au fond on
a peut être là le fondement d'un autre modèle de société. Mais c'est
du reste ce qui se passe dans les entreprise vendéennes dont nous
parlions. Yves Gonnord, Annette Roux* ne les ont pas crées pour
gagner du fric. Il y a là un aspect social… comment dire…
Gérard : Une ascèse également venue d'ailleurs.
Daurensan : Tout a fait.
* Yves Gonnord : Président de
Fleury Michon,
Annette Roux : Présidente de Bénéteau
|